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Publications des membres d’ISADORA
lundi 4 décembre 2006
Les membres d’Isadora ont publié, ou participé à de nombreuses publications
BOKOBZA Hervé, 2006, La psychiatrie en péril, ouvrage collectif, Toulouse, éditions Erès
Les Etats Généraux de la psychiatrie ont été un formidable mouvement unitaire qui a permis de briser les murs du silence, de la solitude et du quasi-anéantissement que vivaient bon nombre de soignants. La discipline psychiatrique perdait son âme : qu’étaient devenus les espoirs, les engagements, les réalisations qui avaient permis de lutter contre la ségrégation et l’exclusion des malades mentaux ? Qu’étaient devenus les espoirs des soignants qui s’étaient engagés dans ce vaste mouvement de désaliénation ? Une évidence s’imposait : une crise majeure, insidieuse et frontale, sidérait les acteurs du champ de la psychiatrie. Trois jours d’élaboration, de débats et de décisions ont redonné à la profession espoir et enthousiasme.
Cependant, tel un rouleau compresseur inexorable, une machine politico-administrative, idéologique et économique, continue son œuvre de destruction. Résister est un impératif catégorique. Résister au morcellement, à la dispersion, à la dilution du travail collectif. Résister pour maintenir les impérieuse nécessités de l’exercice pluriprofessionnel. Résister à toute tentative réductionniste de la conception du psychisme. Résister à l’essai de déspécifier la discipline psychiatrique. Tels étaient les objectifs des Etats généraux. Tel est le projet que continue de porter cet ouvrage. La psychiatrie, discipline intrinsèquement liée au contaxte sociopolitique convoque ses acteurs à un engagement militant plus que jamais nécessaire pour continuer à faire œuvre collective d’humanité.
Ont participé à l’ouvrage : Antoine BESSE, Anaïs BOKOBZA, Emmanuel DIGONNET, Françoise IMELIA, Serge KLOPP, Jean Jacques LABOUTIERE, Alain LETUVE, Angelo POLI, Roger SALBREUX, Olivier SCHMITT, Pierre SIDON, Elie WINTER
MORNET Joseph , 2006, Corps et psychose, deuxième édition de L’objet invisible, Nîmes, Champ social édition
Si le corps est le lieu privilégié de rencontre avec le psychotique, son soin en institution et sa rencontre avec les spécialistes vont souvent être l’occasion d’un malentendu, comme aimait le souligner Maud Mannoni : ils les obligent à interroger leurs pratiques et à y ouvrir d’autres fléchages.
« Le corps et la psychose » retrace le cheminement de l’équipe de la clinique Saint Martin de Vignogoul dans la thérapie corporelle des psychotiques.
Nés des maternages individuels, ces soins ont très vite évolué vers d’autres formes de prise en charge groupale ou individuelle. Leurs soubassements théoriques et conceptuels se situent souvent aux limites du langage : c’est pour cette raison que l’ouvrage accorde une grande importance aux comptes-rendus cliniques. Une réflexion sur les soins corporels en institution ne peut s’arrêter à la seule relation soignant/soigné. Le groupe institutionnel a, lui aussi, un corps. Il faut savoir en prendre soin tant il occupe une place privilégiée de projection et de support des dynamiques psychiques qui traversent la vie institutionnelle : ils s’expriment le plus souvent en symptôme ou passage à l’acte.
Enfin, le soin du corps suppose des représentations de ce corps. Trois d’entre elles seront confrontées : celles du médecin, du psychanalyste et de l’artiste. Une étrange familiarité apparaîtra entre les étapes jalonnant l’œuvre d’Alberto Giacometti et celles que parcourt le clinicien dans sa rencontre avec le corps du psychotique.
« Le corps et la psychose » témoigne d’une pratique singulière de psychologues en institution : c’est, en effet, eux qui sont à l’origine de ces pratiques corporelles et qui la soutiennent encore.
Joseph Mornet est psychologue au Centre Psychothérapique Saint Martin de Vignogoul depuis sa création en 1972. Psychothérapeute, thérapeute corporel et psychodramatiste, il est aussi formateur, superviseur et analyste de pratiques professionnelles. Passionné d’art, il pratique le dessin et la peinture.
Son prochain ouvrage « Une histoire de la psychothérapie institutionnelle » est attendu pour le début 2007.
MORNET Joseph et VALMIER Dominique , 2004, Psychiatrie et arts plastiques, n° 12-13 des Cahiers Henri EY, Perpignan
Alberto Giacometti : un problème d’optique : Joseph Mornet
La double appartenance du corps (corps somatique et corps propre) soulignée par Henri Ey origine toute existence humaine. Elle est à la base de la relation clinique. Elle fonde également la relation du sculpteur ou du peintre à son « modèle ». Il passe sa vie entière, la perd même parfois, autour du seul projet de représenter un corps. En cela, la démarche de l’artiste éclaire celle du clinicien dans sa confrontation au corps. Les deux passent par les mêmes étapes qui les mènent du corps objectif anatomique à l’objectivation de la subjectivité des corps. Le constat de l’impossibilité de la retranscription anatomique fidèle du corps et de l’impasse surréaliste artificiellement élaborée sur les fausses réalités des fantasmes amène Alberto Giacometti à explorer, non plus le donné à voir de l’extérieur ou intérieur du corps, mais au contraire, sa « blessure secrète ». Toute la « poussière d’espace » qu’il représente semble s’organiser autour d’un centre, d’un foyer de vie, de mouvement, d’origine de sens. Elle prend son opacité autour de quelque chose : le regard.
Music, Semprun, passeurs de l’’impossible : Dominique Valmier
Zoran Music, Jorge Semprun, l’un peintre, l’autre écrivain, ont en commun l’expérience des camps. Ce réel impossible à dire les conduit à traverser des années de silence, temps nécessaire à ce que s’opère une métamorphose. Le texte propose d’en suivre l’histoire. Ils deviennent « passeurs de l’impossible », subliment l’horreur et s’adressent au passant que nous sommes. Au-delà du témoignage, ils agissent ainsi sur le monde.
MORNET Joseph, 2003, L’objet invisible, soins corporels et représentation du corps, Nîmes, Champ social éditions
BOKOBZA Hervé, BOUIX Jean François, KRAEMER André, MORNET Joseph, 2002, La critique du délire, n° 6-7 des Cahiers Henri EY, Perpignan
« Il critique son délire » : une phrase avec laquelle tout le monde se comprend, mais sur laquelle personne ne s’entend. Une « phrase valise » dont on ne sait d’où elle vient. Si le délire s’éloigne, devient moins indispensable ou disparaît, qu’est-ce qui se joue pour le patient comme pour le soignant ? Est-ce un retour à la conscience, au plein emploi de ses facultés cognitives, au délaissement de ses idées erronées, ou à la conviction que la raison l’emporte par le traitement moral ou la psychothérapie ? Est-ce un « détachement » né dès l’apparition des neuroleptiques, un « gentleman agreement », un accord tacite et provisoire, un effet de transfert, ou se cache-t-il derrière cette phrase la catégorie délaissée du reste de raison qui avait fondé la possibilité de la psychiatrie elle-même ?
Ce cahier Henri Ey reprend les actes du colloque de Chailles qui s’était tenu à la clinique de la Chesnaie en mai 2001.
Jean François BOUIX : « Abord du délire en situation groupale »
André KRAEMER : « Portage, partage et transcendance »
Joseph MORNET : « Transfert et délire institutionnel »
ANDRE Philippe, KRAEMER André, MORNET Joseph, VALMIER Dominique, 2002, Tu me l’écris, n° 30 de la revue PSY CAUSE, Montfavet
« Tu me l’écris » est le thème du colloque que l’association Psy Cause a organisé en juin 2002 en partenariat avec Isadora à Saint Martin de Vignogoul.
Le miracle grec : Philippe André
" La société humaine, le monde, l’homme tout entier est dans l’alphabet (Victor Hugo) ... Est-ce que l’écriture ne nous paraît pas être un acte beaucoup trop naturel, techniquement simple, pour tout dire un jeu d’enfant ? En deçà de la difficulté à transrire les linéaments, si ce n’est la polyphinie de notre pensée, et dans la mesure où son invention et les différents niveaux de représentation qu’elle a mis en jeu se sont éloignés de notre conscience au fil des millénaires, il n’est sans doute pas inutile de rappeler combien complexe fut son évolution".
L’espace orphique : André Kraemer
" La voix timbre, la voix d’Orphée, résonne à n’être pas la source de sa propre émission ; en elle, l’éclat de l’ouvert a eu lieu, qui dérobe son origine sous l’épaisseur des vibrations en échos différés" : à partir de cette introduction, André Kraemer développe une réflexion sue le psychodrame comme "marche à l’invisible".
De l’écriture clinique à l’écrit administratif : Joseph Mornet
La nécessité clinique d’écriture peut-elle être compatible avec l’injonction administrative à écrire ? L’écrit administratif se fonde sur l’anonymat sériel, la volonté d’objectivité et l’absence d’ambigüité. L’ambigüité, la subjectivité, la singularité et la pluralité des styles fondent, à l’inverse, l’écriture clinique. C’est ce qui fait sa force. C’est ce qui peut en faire une arme contre la force délétère de l’écrit.
Music, Semprun, passeurs de l’’impossible : Dominique Valmier
Zoran Music, Jorge Semprun, l’un peintre, l’autre écrivain, ont en commun l’expérience des camps. Ce réel impossible à dire les conduit à traverser des années de silence, temps nécessaire à ce que s’opère une métamorphose. Le texte propose d’en suivre l’histoire. Ils deviennent « passeurs de l’impossible », subliment l’horreur et s’adressent au passant que nous sommes. Au-delà du témoignage, ils agissent ainsi sur le monde.
ENJALBERT Jean Marie, 2002, Analyse de groupe et psychodrame, ouvrage collectif, Toulouse, éditions Erés
Pourquoi le groupe ? Pourquoi le psychodrame ? Pourquoi allier l’une et l’autre techniques en référence à la psychanalyse ? Avec quel public ? Dans quel cadre institutionnel ? Quelle formation personnelle et professionnelle est nécessaire ?
Dans cet ouvrage, des psychanalystes, engagés dans la formation et la recherche au sein de l’Institut d’analyse de groupe et de psychodrame, apportent leurs réponses étayées sur leur expérience clinique. Ils s’attachent à montrer comment a été élaborée cette pratique singulière basée sur l’alliance entre l’analyse de groupe et le psychodrame dans une perspective d’articulation de l’individu et du groupe, ou plus précisément du fonctionnement psychique individuel et des productions de groupe. Ils décrivent et interprètent les processus qui la fondent, l’organisent et la rendent efficiente.
Jean Marie ENJALBERT : « Le groupe et la psychothérapie individuelle »
« La psychose et les groupes de psychothérapie analytique en institution »
GAL Corinne, LEROY VIEMON Brigitte, MORAGUES José Luis, 2002, Sida, dépression et relance existentielle, publications Montpellier 3.
Qui pourrait contester aujourd’hui que le pronostic létal d’une maladie provoque chez les personnes concernées et leur entourage un choc traumatique ?
Comment comprendre les manifestations de tristesse, le repli sur soi bref, la perte de l’élan vital qui touche ces personnes, qui entraîne ruptures relationnelles et plus largement une forme de désinsertion sociale ?
La réponse médicale via les antidépresseurs, fussent-ils de la dernière génération, est-elle le seul remède concevable à ce mal-être existentiel aux formes multiples, considéré à tort comme une maladie et trop vite étiqueté dépression ?
La recherche-action menée par notre équipe auprès d’un petit groupe de personnes atteintes du VIH, à la demande de AIDES-Méditérannée, relève de ce double défi :
proposer un modèle de compréhension et d’explication psycho-phénoménologique de la nature des désordres causés par le pronostic létal de la maladie dans le système psychique et pré-psychique d’un sujet ;
proposer un dispositif complexe d’intervention psychologique destiné à créer les conditions d’une relance existentielle seule à même de vectoriser la vie psychique jusque là paralysée ;
l’approche psycho-phénoménologique combine les référentiels, psychanalytique et phénoménologique.
BOKOBZA Hervé, MORNET Joseph, VALMIER Dominique, 1999, Soin et psychose : question de temps, Paris, L’harmattan
« Il a fallu du temps au temps pour exister, pour qu’il devienne le temps » (Kant).
En notre siècle, la vitesse tentant à abolir les distances donne l’illusion de nous affranchir du temps.
Quantifier le temps, le prendre, le perdre, le gagner, le vendre, le justifier, courir après, ne permettent néanmoins jamais de le maîtriser : il renvoie toujours l’homme à sa provisoire et éphémère condition.
Soigner les psychotiques demande du temps…
Temps nécessaire à la personne pour retrouver un équilibre perdu depuis longtemps…
Temps nécessaire à une équipe pour établir le lien avec quelqu’un que la détresse a replié sur lui-même.
Les exigences des politiques de santé pressent de plus en plus les institutions dans des impératifs de coût et de durée, entraînant une confusion entre disparition des symptômes et guérison.
Il faut alors savoir prendre le temps, le temps de la rencontre, le temps d’essayer de comprendre, le temps d’échanger, le temps d’élaborer un autre futur.
C’est ce qu’on fait les 350 personnes réunies à Montpellier dans le colloque organisé par le Centre Saint Martin de Vignogoul et l’association ISADORA et dont les actes se trouvent, ici, réunis.
Philippe ANDRE : « Au commencement était le rythme »
Hervé BOKOBZA : « En guise d’ouverture »
Jean François BOUIX : « Du programme au projet : la psychose à l’épreuve du futur »
Corinne GAL : « Temporalité et psychose »
André et Bernadette KRAEMER : « Le temps de n’être »
Geneviève LACOMBE : « L’éternel retour »
José Luis MORAGUES : « Temporalité imaginaire, psychodrame existentiel et dissociation schizophrénique »
Henri Michel MORAT : « Angoisse d’éternité et nécessaires scansions »
Joseph MORNET : « L’armée des douze singes : le temps de la psychothérapie comme un temps de science fiction »
Dominique VALMIER : « Je pose mes 5 jours »
KRAEMER André., 1997, L’instant de langue. Temporalité archi-originaire et clinique de l’appel dans l’approche des psychoses, Thèse de doctorat, université Paul Valéry, Montpellier3
BOKOBZA Hervé, ENJALBERT Jean Marie, MORNET Joseph, 1995, Pratiques institutionnelles et théories de la psychose, ouvrage collectif sous la direction de MARTIN P., Paris, l’Harmattan
La théorie psychanalytique des psychoses et la critique politique se sont associées, depuis les années 1950, dans le mouvement de psychothérapie institutionnelle, pour faire de la folie, appréhendée trop vite comme exclusivement pathologique, le point de départ d’une élaboration conceptuelle diversifiée, ouvrant des perspectives existentielles et politiques.
A une époque où les psychoses sont observées à travers le filtre des neuro-sciences et en un temps où la politique sociale de la psychiatrie réduit le nombre des lieux de prise en charge, comment maintenir une prise en considération du psychisme et la remise en cause des structures sociales.
Quels projets, innovations ou élaborations ont vu le jour depuis la fin des années 50 en ce qui concerne la théorie des psychoses ? Quels risques encourt-on à reprendre et détourner les concepts de la psychothérapie institutionnelle en des lieux où les structures de base ne sont peut-être pas compatibles avec le sens des concepts ? La psychothérapie institutionnelle, considérée à la fois comme un mythe et comme une pratique datée, ne subit-elle pas, de ce fait, un rejet d’où résulteraient les difficultés actuelles d’accès à ce qu’elle est vraiment, c’est-à-dire à sa réalité ?
Hervé BOKOBZA : « Le groupe et l’institution »
Joseph MORNET : « Corps, psychose et institution »
ANDRE Philippe, BOKOBZA Hervé, 1993, Les états-limites, ouvrage collectif, Paris, éditions AFPEP, Findakly
Nous sommes aux prises avec le vif d’un sujet qui surprend, déroute, embarrasse, immédiatement confrontés à des patients qui ont toujours constitué un défi aux classifications nosologiques.
Fragiles, en danger, guettés par la dépression ou l’explosion pulsionnelle, aux comportements défensifs ou réactionnels les plus divers, ils ont acquis au fil des années une « authentique notoriété ». Ils ont bousculé les idées reçues, joué des coudes et construit définitivement leur place. Intrus, les voilà étiquetés à la frontière, en bordure, en passage « borderline », limites, etc …
Quelle que soit notre « préférence », ces sujets classés « états limites » posent d’une manière inéluctable une question fondamentale : quelles capacités de changement et de transformation existe-t-il chez eux ? et au-delà, chez tout être humain ?
C’est sans doute cette dimension qui nous défie le plus intimement : la mouvance symptomatique, la pression transférentielle exercée à notre égard, le bouleversement de nos habitudes qu’ils entraînent, posent d’une façon cruciale la question de la limite et des contours de la fonction de psychiatre : limite de l’accueil et de la rencontre, limite de l’engagement et de nos responsabilités…
L’ouvrage reprend les actes de la 22e journée de l’association française des psychiatres privés.
Philippe ANDRE : « La scarification chez le patient limite »
ANDRE Philippe, 1982, Schumann, les chants de l’ombre, Paris, éditions J. C. Lattès---------
A l’âge de 43 ans Robert Schumann se jette dans le Rhin. Mais des mariniers qui l’ont vu le sauvent, croyant lui venir en aide. Quelques jours plus tard il est interné à la clinique d’Endenich, près de Bonn. Il n’y compose plus. Lentement son état se dégrade, en dépit de quelques sursauts de lucidité. Deux ans et demi plus tard, il meurt.
Quelle était donc la « folie » de Robert Schumann ? De quelle maladie était-il atteint ? Dans quelle mesure son œuvre a-t-elle été influencée par ce processus morbide ? Enfin, le travail de création a-t-il, à son tour, fait évoluer la maladie ?
Telles sont les questions auxquelles se propose de répondre Philippe André, essayant au travers des témoignages de Schumann et de ses contemporains de rétablir la vérité sur ce « cas difficile » mais sans jamais perdre de vue l’essentiel : sa musique. Une approche neuve, en ceci que les analyses musicales et médicales sont pour la première fois conjuguées, allant de la sensibilité des unes à la rigueur des autres.
Philippe ANDRE est psychiatre et psychanalyste. Il travaille au Centre Saint Martin de Vignogoul depuis 1990. Il pratique lui-même la musique et prépare un ouvrage sur Franz Liszt.

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